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extrait
Il fait nuit.
Seul un peu de la lumière du boulevard
pénètre dans la chambre de motel
par une tranche de fenêtre ajourée. Tous deux sont
immobiles, séparés. Elle, l’autre,
l’amie fidèle, elle n’a gardé
sur elle que son chemisier et s’est recroquevillée
sur le lit. Lui, il l’observe, encore habillé,
assis à ses pieds.
Il se grise de ses courbes et de sa peau blanche.
Il attend le moment, paroxysme précis, la seconde du
touché. Et elle ne cille toujours pas. Lentement, il
s’étend sur le drap. Il ne voit
plus que les jambes et la croupe. Le plaisir s’exacerbe, il
s’en laisse irriguer, il veut l’épuiser.
S’il bouge, il le profane. Quand il
se lève, sans bruit, mon personnage retire
ses vêtements. Puis il se penche sur le lit
et caresse une cuisse d’un furtif mouvement de
lèvres. Elle tressaille. Il y applique une
légère morsure. Un spasme parcourt sa peau. Alors
il plonge sa langue dans la raie fraîche. Elle palpite,
halète, et aussitôt se tourne sur le dos, les
jambes levées, repliées,
écartées. Il mord la chair entre les cuisses,
tout près de la vulve, entend un gémissement de
douleur puis darde sa langue entre les nymphes avant que, par
convulsion, elle ne referme les jambes sur sa tête et ne
cesse de respirer. Avec les mains, il se libère,
sépare les membres contractés, la couvre de tout
son corps, et d’un coup, pénètre
l’ouverture. Enfin, il effleure sa bouche.
Enveloppé au plus chaud de son corps, mon personnage
n’est plus qu’un éternel baiser.
(Le manuscrit, Première partie, II)
le point de vue de l’éditeur
Voilà
qui situe
dans quel univers se passe ce premier roman de LOUIS ÉMOND
publié pour la première fois en l’an
2002. Les
lecteurs et la critique y ont reconnu un écrivain pour qui
l’écriture, somptueuse, confine au
sacré. Une
nouvelle manière de dire et une vision du monde prenante et
émouvante, la naissance d’un grand
écrivain dont on
a dit :
Notre
littérature nationale a besoin de son immense talent
- Réginald Martel, La Presse
C'est fort, c'est
brutal, c'est intense.
- Didier Fessou, Le Soleil
Mélange
de raison suave et de
sensualité réfléchie que
l’on n’a
guère revu depuis Hubert Aquin
- Charles Gagnon, Voir
la presse
se
procurer Le manuscrit
On peut emprunter Le manuscrit dans
les
bibliothèques municipales ou se le procurer en librairie.
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