Le cycle intérieur

Véronique Demers

Le Métropolitain

Semaine du 1er au 7 juin 2005

Faisant suite au Manuscrit sorti en 2002, Louis Émond vient de publier ce printemps Le Conte aux éditions Trois-Pistoles, fruit d'une dizaine d'années de travail et de nombreux refus. À force de corrections et de révision, au fil du temps, l'auteur a réduit de moitié la longueur de son récit.

« J'ai écrit ce roman pour répondre à un certain désarroi, mais aussi m'interroger sur ce qu'il reste devant soi quand on n'a plus rien. J'ai résumé ça à la mort, l'amour et la vie. »

Après avoir abordé la perte d'un amour prenant et la déchirure qui s'ensuit dans le premier tome, la nouvelle parution évoque la relation père (C)-fils, la mort d'un amour, B, et l'entrée dans la vie d'un petit être - qui n'a pas de nom - dont prendra soin le protagoniste principal, A, tout au long de son voyage. C'est aussi l'histoire d'une relation amoureuse qui n'aboutit pas avec L.

L'auteur trentenaire vit à Toronto, après être revenu l'an dernier d'un séjour de deux ans à Singapour avec sa copine, Mélanie. C'est donc au cours de ce voyage, sous le soleil de l'Asie du Sud-Est, qu'il a peaufiné Le Conte et y a apporté les dernières retouches. « Il y a un certain aspect de la condition humaine. La vie peut être très dure. On réalise qu'on a le don de vivre, mais l'amour est aussi essentiel. »

C'est une quête intérieure, un voyage initiatique philosophant sur la vie et son existence. Un extrait en évoque l'atmosphère : « Pendant cinq jours, mon personnage marcha dans la forêt. Suivant le cours des rivières, au son du ramage ou des hululements, il fallait avancer, toujours avancer. Il s'orientait à l'aide du soleil et des étoiles, quoiqu'il ne pût se passer de la boussole. L'enfant dormait, balloté par la démarche du porteur. »

Louis Émond (à ne pas confondre avec l'auteur de littérature jeunesse du même nom) choisit méticuleusement ses mots comme il distille l'essence de ses romans, pour aller toujours au vif du sujet. « J'essaie d'aller au coeur de ce que j'ai en tête, ce qui donne un style minimaliste. J'ai éliminé les décors; il y a très peu de costumes. Mon amour de la lecture du théâtre a influencé mon travail. Dans ce contexte, on n'a pas tout, il faut imaginer. »

Son prochain récit, qui viendra terminer le premier cycle, « une trilogie intérieure », précise l'auteur, s'intitule pour l'instant Les mémoires , dans lequel le lecteur pourra retrouver un rythme semblable au Manuscrit , mais sera rempli d'éléments percutants, de violence et de folie. « Ce sera un jeune homme qui se pose des questions sur son adolescence et une personnalité dédoublée. »

Une rencontre avec l'auteur est prévue le 4 juin, de 14 h à 17 h, à la Librairie Champlain, 468, rue Queen Est à Toronto.

[fermer cette fenêtre]